07.07.2008
Comment j'ai failli mettre fin à mes jours avec ma télécommande
Bon c'est vrai, j'exagère un peu. C'est quelque chose qui m'arrive assez souvent. Mais quand on sait que la deuxième saison ne comporte que sept malheureux petits épisodes et qu'il m'a fallu bien trois mois pour tous les regarder (et là je n'exagère pas) alors on peut imaginer la difficulté que j'ai eue à ne pas avaler les piles de la télécommande ou utiliser la bête comme massue à l'encontre de ma boîte crânienne. Non, vraiment, c'est le genre d'expérience qui rend les gens plus forts ou les détruit totalement. Mais j'en suis sortie avec un sentiment d'accomplissement et de fierté. Oui, j'aurais aussi bien pu abandonner en cours de route, laisser ce fardeau inachevé derrière moi. Mais là au moins, finito. Terminado. Ouf.
Pour sa décharge, la série avait plutôt bien commencé. Une histoire de fin du monde, d'attaques terroristes, ok ça a déjà été traité maintes fois depuis que les ricains se sont rendu compte qu'ils ne vivaient pas dans une bulle aussi impénétrable que leurs dirigeants voulaient qu'ils l'imaginent, mais pourquoi pas. Là on se situe en plein coeur des États-Unis et la série pose alors des questions plutôt judicieuses : Que s'est-il passé ? bien sûr mais aussi Comment le découvrir quand on est isolé du reste du monde ? Comment organiser la survie et se reconstruire en système d'autosuffisance ? etc ... De quoi bien piquer ma curiosité. Les premiers épisodes avaient ce charme particulier qu'on trouve à une histoire prometteuse. On avait beau être autant dans le noir que les personnages eux-mêmes quant aux événements ayant entraîné ce retour au système D, les nombreux thèmes traités rendaient le tout très intéressant. J'avais un peu l'impression de regarder un mélange entre La Petite Maison dans la Prairie, Lost et Battlestar Galactica. Mélange choquant, j'en conviens, mais la série avait l'air de piocher un peu dans chacune, au gré des intrigues politiques, sociales ou économiques. La série tenait de la première ses valeurs familiales, conservatrices et son attirance pour les situations dramatico-ridicules. Pour les deux dernières, le rapprochement venait surtout de leur thèmes communs : la survie en milieu hostile, le fonctionnement du groupe, les nouvelles règles de la gouvernance ...
Mais la série, en se tournant vers l'extérieur, en a perdu son équilibre. Un épisode traitait de la vie du groupe, un autre des attaques extérieures, le tout finissant par devenir brouillon et de plus en plus décousu. Tout ce qui venait de dehors était hostile, belliqueux, comme si la paranoïa des personnages avait contaminée les auteurs de la série. Et plus les audiences chutaient plus le sensationnel était de mise. Bien sûr Jericho a toujours été une série d'action, je ne le nie pas, mais on en était arrivé à ne plus du tout s'intéresser aux problèmes de fond pour ne suivre qu'une succession d'épisodes aux qualités inégales alternant drame et guerroiement. Et ça c'est seulement pour la première saison...
J'étais bien décidée à m'arrêter là mais quand j'ai su que la seconde saison ne comporterait que 6 à 7 épisodes, j'ai décidé de regarder comment le tout allait se terminer. Après tout, la série pouvait très bien trouver un compromis entre ce qu'elle était devenue et ce que les téléspectateurs attendaient d'elle. Parce qu'après tout, lorsqu'on entend les fans de la série défendre sa cause, l'argument qui ressort le plus est qu'elle avait un bon potentiel. Étant tout à fait d'accord avec eux sur ce point j'ai décidé de redonner une chance à la série. Malheureusement, aucune surprise, la série se laisse regarder lorsqu'on débranche son cerveau. C'est très sympa par moments, absolument jamais prise de tête, aussi cousu de fils blancs que la saison 2 de Prison Break (qu'on me laisse encore un peu de temps pour terminer la saison 3...) et surtout, mièvre à souhait. J'ai bien été émue par la mort de Bonnie (la pauvre n'avait absolument rien demandé) et apprécié le fil conducteur de Ravenwood - Jennings & Rall - Gouvernement de Cheyenne ; l'attaque venait bien de l'intérieur, le pays montrant ainsi l'une de ses plus grosses faiblesses (un gouvernement à l'intérieur du gouvernement qui peut faire imploser la Fédération s'il y voit un intérêt) mais à part ça j'ai vu cette saison 2 comme une grosse blague carambar. Super Jake est encore plus fort et résistant que Superman, les personnages féminins (à part peut-être Mimi et Heather de temps en temps ) n'ont qu'un rôle de potiche et de soutien pour les héros, et la sauce ne prend absolument plus. Les situations sont invraisemblables et incohérentes au possible, le tout n'étant plus que de susciter l'émotion à tout pris au détriment du scénario.
Mais au moins la série a une vraie fin. On va vers une guerre entre Le Gouvernement de Cheyenne et celui du Texas qualifiée de guerre civile par Hawkins (c'est joliment dit mais haha la bonne blague ! on se demande comment il a fait pour ne pas provoquer la fin du monde avec de telles lacunes), Gray a fini par se ralier à l'avis de Johnston (post-mortem mais soit, là aussi le symbole du drapeau fait tout chaud au cœur) et on peut s'endormir tranquille en se disant que tout va bien se finir. Par contre c'est sûr que pour ceux qui souhaitaient voir Jake et Emily se bécoter une toute dernière fois la fin doit laisser un sentiment d'inachevé. Mais personnellement je ne m'en offusquerai pas, surtout que j'ai bien ri en voyant tous ces militaires tirer en connaissance de cause d'abord sur la voiture (dans l'épisode 6) puis sur l'avion qui transportaient la bombe nucléaire. Z'ont vraiment pas peur du ridicule...
Bilan : bon ben voilà une bonne chose de faite. C'était un peu poussif et déprimant mais ça m'a aussi valu de bons éclats de rire. Et puis j'ai survécu, je pense que c'est le principal.
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